ChroNycs
News From The West #26

Bonjour tout le monde!

 

Avant toute chose, évidement, excellente année à toutes et tous! Qu'elle vous apporte plein de bonnes choses et de realisations nouvelles et surprenantes. Et qui sait, peut-être qu'elle vous apportera un petit voyage au soleil de Californie… Nous, en tous les cas, on demande un nouveau president pour le mois de Novembre. Il faut y croire…

 

Sinon, une fois encore, le temps passé vite, trop vite. Mais on ne se plaint pas. On revient d'un petit week-end de ski ma foi, fort agréable, sur les bords du Lac Tahoe. Une splendeur, ce lac! Un très mignon petit chalet, pour 10 personnes, avec 7 amis américains et hollandais. Du ski, des discussions animées dans le Jacuzzi après le ski, des jeux (ils ont tous adoré Loup-Garous!). Bref, un excellent week-end! Et Margot en princesse du chalet, au centre de ce petit monde, centre de toutes les attentions, comme elle aime.

 

Pour terminer ces courtes nouvelles quelques choses un brin subversives. Ca ne fait jamais de tort à personne. Un peu plus bas, un article (comme toujours politiquement très incorrect) tire du Courrier International.

 

Pour continuer au rayon des choses politiquement pas trop trop correctes par ici (on ne craint rien, enfin, on espère!), nous vous conseillons vivement d'aller faire un tour sur le site de l'organisation MoveOn.org, qui a récement organisé un concours pour trouver la meilleure publicité contre l'administration Bush… Et tous les finalistes sont sur le site, à l'adresse suivante:

http://www.bushin30seconds.org/finalists.shtml

Et comme toujours, photos et autres sur notre site:

http://aberdeen.be/chronyc/

 

Nous vous embrassons toutes et tous très fort, ou que vous soyez!

 

A bientôt, ici ou ailleurs…

 

Margot, Gaëlle & Nyc

 

p.s.: excellent anniversaire à mon filleul avec une grosse semaine de retard!

 

A la dette du client !

 

Vous êtes une nation endettée ? Un bon conflit avec les Etats-Unis, une défaite, et un émissaire spécial de la Maison-Blanche négociera pour vous la bienveillance internationale.

 

"Poutine est prêt à annuler 65 % de la dette irakienne envers la Russie”, se réjouit le quotidien irakien Al Rafidayn. Cette dette s’élève à 6,4 milliards d’euros, Moscou étant le premier créancier de Bagdad. De son côté, le Japon, honorable deuxième créancier, avec environ 5,4 milliards d’euros, “serait d’accord pour passer l’éponge sur la plus grosse part de ce que l’Irak lui doit”, affirme le Japan Times, à condition toutefois que les autres membres du Club de Paris fassent de même. Ce qui ne devrait pas poser trop de problèmes, note La Libre Belgique, puisque “Jacques Chirac a reçu James Baker, l’émissaire spécial du président Bush au sujet de la dette irakienne, et les deux hommes se sont entendus sur la nécessité de réduire cette dette 'selon les modalités appropriées au Club de Paris'". Lors de la conférence de Tokyo, en 2002, le bienfaiteur américain avait déjà obtenu une aide internationale de 3,6 milliards d’euros pour l’Afghanistan.

 

Perfide, le quotidien belge remarque que cet accord franco-américain de principe survient “une semaine après la décision américaine de ne pas confier de contrats de reconstruction aux pays du 'camp de la paix'". Le journal rappelle également que le Club de Paris, groupe informel de créanciers publics créé en 1956, “a pour règle de ne négocier qu’avec les représentants d’Etats souverains, ce qui exclut tout accord tant que l’Irak sera géré par l’administration américaine intérimaire".

 

La Libre Belgique précise encore que “les annulations de dette ne peuvent d’ordinaire bénéficier qu’aux pays extrêmement pauvres - ce qui n’est pas le cas de l’Irak, compte tenu de ses ressources pétrolières". Et pourtant ! Le transfert de souveraineté est prévu pour juin 2004, et à partir de cette date les membres du Club pourront alléger “le fardeau de la dette irakienne, estimée à 120 milliards d’euros par le Fonds monétaire international (FMI), pour donner au peuple irakien la liberté et la prospérité”, comme l’expriment les Etats-Unis.

 

Rendre à un peuple “sa liberté et sa prospérité”, quel beau programme ! Qui doit faire rêver, par exemple, du côté de Monrovia, Freetown, Kigali ou ailleurs en Afrique… Un rêve que partagent sans aucun doute les habitants de Port-au-Prince ou ceux de Dacca. Car, si l’on en croit les données de la Banque mondiale, la dette du Liberia se monte à 1,5 milliard d’euros, celle de la Sierra Leone à 668 millions d’euros, celle du Rwanda à 536 millions, celle d’Haïti à 655 millions et celle du Bangladesh à 7,7 milliards d’euros - soit une dette totale de 11 milliards d’euros, en comptant les dispendieux Bengalis : 11 milliards, moins de 10 % de la dette irakienne…


Et pourtant, le généreux George W. Bush n’a à ce jour envoyé aucun émissaire spécial faire le tour du monde pour demander une annulation de la dette des pays les plus pauvres de la planète. Il semblerait même qu’au niveau multilatéral les Etats-Unis fassent parfois preuve de mauvaise volonté. A croire à une inégalité de “la liberté et de la prospérité” des peuples devant Washington.

 

Dès lors, comment sortir de la misère lorsqu’on est un pays pauvre ? En adoptant la purée Saddam-talibans, une recette économico-diplomatique très en vogue dans la world-cuisine. Ingrédients de base : un dictateur, le verbe haut, des menaces contre les Etats-Unis, une pincée de terrorisme et un soupçon d’armes de destruction massive (un soupçon suffit, de telles armes n’entrant finalement pas dans la recette). Prenez le tout, jetez-le en pâture à l’amicale des paranoïaques non repentis et attendez. Si la sauce prend, vous aurez droit à des bombardements américains, à l’invasion des GI, à une force d’occupation et, enfin, sésame des sésames, vous obtiendrez la nomination d’un envoyé spécial de la Maison-Blanche pour la réduction ou l’annulation de votre dette. La cerise sur la purée !

 

Mais, attention, de très sérieuses études culinaires montrent que la sauce dépend du tour de main, de ces petits secrets dans lesquels réside le génie des grands chefs. Secrets parfois mal gardés… Ainsi, pour une vraie purée Saddam-talibans préparée à la Washington, l’oseille est nécessaire, beaucoup d’oseille, que l’on peut aussi remplacer par du pétrole. Parce qu’ils l’ignoraient, les Libériens n’ont pas eu la chance de voir débarquer les militaires des Etats-Unis. Alors, ils crèvent toujours, en attendant “la liberté et la prospérité". Pourtant, un bateau américain est longtemps resté à quelques encablures de Monrovia. Mais pas un marin, pas un capitaine ne s’est donné la peine de descendre à terre, sanctionnant la faute de goût libérienne.

Eric Glover
© Courrier international

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Création: Nyc - 07 Mai 2001
Dernière révision: 22 Janvier 2004